|
Témoignage :
Je m'appelle Sylviane, mariée, 32 ans et l'heureuse maman d'un petit Esteban de bientôt 16 mois, toujours allaité. A titre professionnel, j'occupe un poste de chef de département client dans une société de VAD implantée à 60 km de mon domicile, et de ce fait, suis partie en moyenne 12 heures par jour, sans compter de réguliers déplacements de 2-3 jours en Bavière, siège de la maison mère.
Ce qui peut à priori paraître incompatible, n'est en fait qu'une question d'organisation ! Esteban a encore besoin de 4 "doses" de lait par jour : petit déjeuner, goûters du matin et de l'après-midi et dîner. - Je me lève environ une heure avant Esteban afin de tirer le lait d'un sein qu'il prendra au biberon pour le goûter de l'après-midi. - A son réveil, Esteban profite d'une bonne tétée avec le 2ème sein et bien sûr le reste du sein déjà tiré, puisqu'il n'est pas possible de bien le vider complètement au tire-lait. - A midi, je tire mon lait au travail : je m'enferme dans une petite kitchenette et chacun respecte mon ¼ d'heure de ce que nous avons appelé avec humour "traite". Un réfrigérateur sur place permet une bonne conservation du lait qu'Esteban consommera le lendemain au goûter du matin. - Le soir, dès que je rentre du travail, Esteban profite d'une bonne tétée câlin avant de rejoindre les bras de Morphée. Bien entendu, les week-ends Esteban profite à 100 % de sa maman et tète à la demande. Les week-ends permettent également de faire des provisions et de congeler du lait qui servira en cas d'absence de ma part. En déplacements, je ne pars jamais sans mon tire-lait afin de soulager les seins et maintenir une bonne lactation. Je n'ai malheureusement pas la possibilité de conserver le lait dans un endroit suffisamment frais, suffisamment longtemps, alors (malheureusement) je le jette. C'est dommage, mais permet toutefois de stimuler les seins pour ne pas avoir de baisse de régime. Et c'est pendant ces déplacements que la tétée câlin est remplacée par un biberon câlin avec papa. Je ne vous cache pas que le tire-lait est un peu contraignant, mais j'ai l'intime conviction que le jeu en vaut largement la chandelle. En observant mes collègues ou amies ayant des enfants de l'âge d'Esteban, je m'aperçois que celles qui ne passent pas leur temps chez les pédiatres pour cause de rhinites, bronchiolites, gastro-entérites, avec leurs enfants non-allaités, sombrent plus ou moins dans un baby-blues. J'ai peut-être tout simplement de la chance, mais quoi qu'il en soit, Esteban n'a jamais été malade et je culpabilise beaucoup moins de travailler en continuant à l'allaiter. Cela me donne le sentiment de continuer à donner de ma personne, bien que je ne sois pas avec lui physiquement. Que dire de plus, sinon qu'au-delà de ces considérations, c'est un réel bonheur de pouvoir ainsi fusionner avec son enfant et lui offrir le meilleur de soi. Ces moments d'échanges privilégiés sont tout simplement magiques. PS : Sylviane a ici un enfant de 16 mois, mais à 2-3 mois (ou même 6, 12 mois ou +) un nourrisson a besoin de beaucoup plus que de 4 tétées par jour... En fait, la plupart du temps c'est un minimum de 6 à 8-10 tétées par 24 heures, voir plus en fonction de la (ou sa) température ou pendant les paliers de croissance - ou moins aussi pour ceux/celles qui ont une bonne succion et une prise de poids leur permettant de ne se satisfaire QUE de cela ! Mais qui peut rester plus de 2-3 heures sans boire quand il fait chaud ? Le lait étant la meilleur des boissons, pensez donc aussi au p'tit coup pour la soif. Un bébé exclusivement allaité a un plus petit estomac et peut donc avoir besoin de manger (ou boire) plus souvent qu'un bébé nourrit au lait industriel. Ensuite, après la diversifiaction alimentaire, ce sera peut-être différent ?
Comme il n'y a pas 2 allaitements identiques, il n'y a pas non plus 2 reprises du travail avec poursuite de l'allaitement identique aussi.
Alors surtout, lisez ce qui suit : |