Journée Internationale des Droits de l'Enfant

publié le 20 nov. 2014 à 23:18 par Association DANS LES BRAS   [ mis à jour : 22 nov. 2014 à 07:11 ]
Donner une fessée
Dans le cadre de la Journée Internationale des Droits de l'Enfant qui a lieu cette année lors de la 3ème semaine de novembre, nous voudrions rappeler que la France, pionnier des Droits de l'Homme, est encore l'un des derniers pays d'Europe à ne pas avoir légiférer sur l'interdiction définitives de tous châtiments corporels sur les enfants. Pourtant depuis 1979, plus d'une trentaine de pays européens ont déjà légiféré contre les violences éducatives ordinaires (gifles, claques, fessées) en public comme en privé ; soutenu par le Conseil de l'Europe qui considère encore que la maltraitance reste un fléau mondial tabou. 

Alors, pourquoi mettre en place de telle loi aussi chez nous ? 
En fait, il ne s'agit pas de mettre les parents en prison pour une calque en public mais de les menacer déjà d'amendes puis de faire appliquer la loi s'ils se permettaient de frapper leur enfant régulièrement. Il s'agit donc en priorité de se doter enfin de réels moyens d'action en accord avec la protection sociale des mineurs et surtout en parallèle de diffuser aux parents et éducateurs des outils de prévention contre toutes formes de violences éducatives. Cela afin d'aboutir déjà à une réelle prise de conscience de la nocivité de pratiquer encore les châtiments corporels sur plus petits que soi, ainsi que la mise en valeur d'autres méthodes éducatives plus respectueuses de l'être humain. Certaines sont d'ailleurs utilisées avec efficacité dans d'autres pays européens depuis de nombreuses années, comme en Suède par exemple.
"Alors que plus de 700 enfants français décèdent chaque année, tués par leurs propres parents ou proches, en Suède ont compte sur les doigts d'une main les enfants décédés de maltraitance parentales au cours des dernières années. Les placements, quand à eux, ont diminués de 25% !" : comme le rappelle si justement cette vidéo très instructive d'une expatriée française en Suède, diffusée sur le site d'OVEO (Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire) : 

http://www.oveo.org/si-jaurais-su-je-serais-ne-en-suede/

Cette vidéo explique surtout que depuis 1979 (il y a donc 34 ans), la Suède fut le premier pays Européen à avoir interdit toutes punitions corporelles sur les enfants. Cependant, malgré ce qu'on pourrait croire, au moment où cette loi fut votée plus de 60% des suédois étaient CONTRE, alors qu'aujourd'hui il sont 100% POUR ! A les entendre, cela leur semblent même complètement ridicule d'autoriser en France les parents à frapper leurs enfants ! Vu qu'eux-même n'ont jamais été frappé enfant (enfin ceux nés après les années 80 !), ils ne penseraient même pas à corriger les leurs. Ce sont des pratiques encore barbares selon eux... et ils ont bien raison ! 

A la question : "Mais cette loi n'est-elle pas une intrusion de l'Etat dans votre vie familiale ?", un père suédois répond : "Il est de la responsabilité de la société de protéger les plus faibles", "Cela fait parti des droits fondamentaux qui ne devraient pas être remis en question". Et la mère de remarquer très justement que si elle frappait ses collègues de travail parce qu'ils ne sont pas d'accord avec elle, elle perdrait son emploi, et qu'il en va de même avec le respect de nos enfants envers nous, aujourd'hui comme plus tard d'ailleurs : "Car, personnellement, je ne pourrai pas être amie avec quelqu'un qui m'a frappé enfant !" 

Mais il faut dire qu'en Suède "tout est fait pour encourager les parents à s'occuper de leurs enfants" dès le plus jeune âge ; grâce notamment à des congés parentaux très souples qui peuvent se partager entre les deux parents : 2 mois pour la mère et 2 mois pour le père (sans possibilité de transfère à la maman) à prendre en 1 seule fois, séparément ou à temps partiel. Ce qui fait que désormais 86% des pères suédois prennent effectivement ce congé parentale afin de s'occuper de leurs bébés (prime d'incitation également) : 90% du salaire durant les 90 premiers jours, puis 80% ensuite avec des primes, les employeurs payant souvent les 10% restant, ce qui fait 90% du salaire de base durant 1 an (+ 60 jours annuels accordés en cas de maladie de l'enfant). 

"Les petits suédois restent donc avec leurs parents durant 1 an minimum, avant d'aller à la pré-école, si ces derniers le souhaitent, et sont pour presque la quasi totalité d'entre eux allaiter. C'est une histoire de culture ici. On croit au pouvoir du lait maternel pour des bébés en meilleur santé" ! 

Mais en fait, toute l'infrastructure sociale est adaptée aux plus petits : beaucoup d'ascenseurs et autres dispositifs pour poussette, coins enfant partout, 300 parcs de jeux extérieurs en bois et non en plastique, etc. Et tout le monde trouve cela parfaitement normal aussi ! Par conséquence, et puisque les rapports dominant/dominé ne sont pas les mêmes non plus, les sociétés nordiques sont devenus beaucoup moins violentes désormais.

chaise punition enfant
Alors, au lieu de se contenter en France de nos anciens acquis et droits, et de tourner encore autour de notre nombril en se comparant régulièrement à des pays moins socialement avancés que le notre, nous devrions viser plus haut pour atteindre non un idéal de société mais une certaine normalité. Bien sûr, aucun parent français ne se reconnaîtrait comme "maltraitant" ses propres enfants, tout au plus quelques claques ou fessées donner de temps en temps pour "recadrer les choses", comme on l'entend encore si souvent dire dans les familles ! "Et puis, on en a reçu nous-même parfois tout petit et on n'en est pas mort pour autant !". "Cela nous a permis de mieux grandir, de devenir qui nous sommes, de comprendre les vrais valeurs, etc, etc !" Mais est-ce bien vrai tous ces clichés auxquels on tente de s'accrocher pour mieux se justifier ?

Soyons honnête 2 secondes, envers nous-même déjà ! Combien d'entre nous reconnaissent que leurs parents ont été de bons éducateurs, respectueux, sensibles et à l'écoute de leurs besoins, désirs ou différences ? Combien d'entre nous restent encore en bon terme avec ceux qui ont abusé de leurs autorités en tant qu'enfant, parents comme enseignants d'ailleurs ? Combien d'entre nous ne ressentent pas encore d'accès de violence ou de peur dans certaines situations qui nous mettent face à des hésitations, échecs ou désirs inassouvis, voir des addictions récurrentes (aliments trop sucrés ou gras, cigarettes ou alcools, drogues aux médicaments, excipients, vitesse, jeux vidéos, sexe, etc.) ?

De façon générale, les pays nordiques restent des modèles en terme de progrès sociaux et d'égalité des sexes et des salaires. Où les taux de criminalité restent bas et la prostitution reculent, surtout dans ceux qui abolissent les vitrines et autres "bordels modernes". Où les Maisons de Naissance existent toujours ainsi que les AAD encore proposés, même s'ils stagnent un peu actuellement, et où les Hôpitaux Ami des Bébés se comptent par centaines et non par dizaines comme en France et du coup où les taux d'allaitement exclusif même au delà de 6 mois sont parmi les plus haut du MONDE (entre 90 et 98%). Où la répartition des tâches domestiques, congés parentales et égalités des salaires homme/femme s'améliorent. Où la scolarisation précoce n'existe pas, comme on l'entend ici avec des objectifs d'apprentissage irréalistes pour tous les élèves dans la même classe et au même âge. Où la coopération, l'expérimentation personnelle et le jeux restent les principales méthodes d'apprentissage encouragées et où n'existe ensuite ni classements, notes ou punitions... Et enfin, où toute violence éducative ou sociale est évidemment rejetées dans les écoles comme dans les foyers ou les rues. 

Alors évidemment, on n'est pas non plus "aux pays des Bisounours" où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil... Les écoles et services ne sont pas gratuits non plus, les politiques d'immigration sont très restrictives, le commerce est centré sur lui-même et l'Europe s'arrête, selon eux, à la géographie et non à la monnaie européenne, etc. Mais bon... actuellement, vu les résultats des politiques européennes, on ne peut pas leur en vouloir non plus ! Cependant, au moins des lois dissuasives comme des dispositifs de prévention efficaces existent dans tous les pays nordiques, afin de protéger tous les citoyens : qu'il soit homme, femme ou... enfant ! 
 
Alors, si vous-même doutez encore de l'intérêt pour notre pays de suivre aussi ce type d'exemples, lisez attentivement ceci :  http://fr.wikihow.com/donner-une-fess%C3%A9e#

Lorsqu'on voit qu'aujourd'hui, certains parents osent diffusés, sans aucune impunité via
 internet, ce genre de vidéo sur leur blog ou d'image de chaise punitive sur les réseaux sociaux, on devient convaincu de lois plus explicites pour réglementer tout ça ! Ou encore, lorsqu'on entend régulièrement sur les ondes des soit-disant psychologues, psychiatres ou psychanalystes qui encouragent les parents à demi mot, voir plus clairement, de recourir aux punitions inutiles ou récompenses manipulatrices, ou que les éducateurs se plaignent toujours soit du laxisme des français face à leurs "enfants rois", soit de l'augmentation des "enfants martyres et/ou martyrisant" ensuite... Alors, on assiste tous en France, impuissants, à une augmentation générale de la violence physique, verbale ou visuelle en privé comme en public. On se dit qu'il est donc grand temps, et de façon urgente, d'aider les parents d'aujourd'hui à trouver d'autres méthodes éducatives que la violence ordinaire pour communiquer correctement avec les futurs adultes de demain, afin que l'ensemble de notre société puisse aussi en bénéficier.