Les Violences Obstétricales et Gynécologiques en question

publié le 9 déc. 2017 à 03:52 par Association DANS LES BRAS   [ mis à jour : 14 déc. 2017 à 00:23 ]
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Depuis quelques mois déjà, de nombreuses voix et débats s'engagent sur les ondes pour dénoncer des VO (Violences Obstétricales et Gynécologiques) faites aux femmes durant leurs suivis de grossesse puis accouchements, même en post-partum et suites de couches. Des débats, non avec le CNGOF (Conseil National des Gynécologues et Obstétriciens de France) qui refusent toujours tout dialogue avec les associations d'usagères comme la notre ou comme l'AFAR (Association Française pour l'Accouchement Respectée) ou plus récemment le SIVOG (Stop à l'Impunité des Violences Obstétricales et Gynécologiques) et l'IRASF (Institut de Recherche & d'Action pour la Santé des Femmes) non pas uniquement depuis quelques mois mais bien depuis de très nombreuses années... Vu que la plupart de ces professionnels, pourtant fonctionnaires de nos collectivités financer avec nos taxes et impôts, et "hors de tous soupçons" selon eux, ne nous traitent jamais que par le mépris et l'indifférence !

Déjà le médecin français Martin WINCKLER, lui même, dénonçait depuis des années sur son blog puis son livre "Les Brutes en Blanc, la Maltraitance Médicale en France" (éditions Flammarion, 2016) toutes ces violences médicales et surtout gynécologiques faites en France depuis des décennies. Comme ces célèbres prédécesseurs tels les Drs Frédéric LEBOYEN, Michel ODENT ou encore Max PLOQUIN, il a dû lui aussi s'expatrier au Canada pour pouvoir enfin se sentir libre de dénoncer ces trop nombreuses violences faites aux femmes et enfants (comme les extractions abdominales, les épisiotomies ou les touches vaginaux trop fréquents ou réalisés sans consentements, etc.) par un corps médical encore tout puissant sur le corps féminin ; tant au niveau social que politique, vu que beaucoup d'élus locaux et nationaux sont justement des professionnels de santé hiérarchiquement quasi "intouchables".

La preuve la plus flagrance actuellement reste le comportement totalement corporatiste, négationniste voir patriarcal du Conseil de l'Ordre des Médecins qui ne cessent de dédouaner leurs collègues dès que des patientes osent porter plaintes afin légitimement de réclamer justice, sentence ou du moins repentance et surtout explications de la part de ces professionnels de santé ayant signé pourtant le serment d'Hippocrate et qui finissent pourtant pour certains en véritables "brutes" dangereuses voir incompétentes, comme ils en existent inévitablement dans tout corps de métier. Alors que le plus souvent leurs victimes le font davantage pour les empêcher de "nuire à autrui" ensuite et changer "leurs mauvaises pratiques médicales" ou abus de pouvoir. Donc quand ces femmes courageuses arrivent enfin à porter plaintes, c'est bien aussi à la place de toutes celles qui n'oseront ou ne pourront pas le faire elles-mêmes et certainement pas au départ juste pour recevoir quelques faibles dédommagements pour préjudices physiques, psychologiques et financiers pourtant bien réels. Cependant on pourra facilement constater qu'en général systématiquement les plaintes seront déboutées voir les mères condamnées elles-mêmes pour diffamations, hallucinations et suspectées immédiatement "d'hystéries, acharnements ou harcèlement" vis à vis des "pauvres soignants qui ne voulaient que leurs biens". Inversant complètement les rôles et les faits en rajoutant encore davantage de violences médicales, administratives puis judiciaires !

Injustices et accusations mensongères encore plus intolérables de la part de professionnels en position de force quand on sait que la plupart de ces femmes ont elles-même un ou plusieurs bébés et enfants à charge à ce moment là et vivent souvent des situations familiales ou professionnelles compliquées avec des douleurs physiques voir sexuelles lors des rapports, suivis de difficultés relationnelles en couple et incompréhension surtout de la famille, amis ou collègues, qui suivent parfois des difficultés professionnelles puisqu'il faut tout gérer en même temps et donc souvent aussi des dépressions et handicapes plus ou moins graves par la suite, voir des difficultés financières qui se rajoutent à cause de procès longs, compliqués et usant nerveusement et physiquement puisque souvent reportés et surtout extrêmement couteux. Les violences institutionnelles n'étant malheureusement souvent pas que médicales... Il est donc totalement ahurissant d'entendre alors de la part de soignants que "s'il y a finalement que peu de plaintes et condamnations c'est qu'il y a en réalité que peu de violences médicales" ! Cela n'a évidemment RIEN à voir !!

Voilà pourquoi la plupart des gens et professionnels de santé les nient complètement. Car tous ces gestes intrusifs, iatrogènes et propos blessants, ces médecins comme sage-femmes maltraitant(e)s ne les comprendront même pas eux-mêmes puisqu'ils ne suivront que très temporairement ces femmes blessées (1 heure, 1 jour, 1 semaine ou mois) et qu'au moindre signes de contestations de leurs "clientes", celles-ci seront immédiatement renvoyées à d'autres confrères, tout autant négationnistes et corporatistes qu'eux. Alors que tous auraient plutôt intérêts à faire un peu de ménage et purge salutaire de temps en temps dans leurs profession aussi afin d'évacuer les quelques brebis galeuses du troupeau... et bien non ! Les professionnels de santé préfèreront encore s'auto-protéger au risque de régresser et voir progressivement dénigrer leur propre discipline l'Obstétrie et la Gynécologie régulièrement critiquée, suspectée actuellement de plus en plus souvent par des "patientes" de mieux en mieux informées et surtout de moins en moins patientes et soumises justement. Sachant que l’icône encore quasi sacrée du médecin perché sur son "piédestal dans un halo de mystère", tel dieu tout puissant au dessus des simples mortels, comme le préconise pourtant à ses collègues le président de CNGOF Israël NISAND, n'existera bientôt plus et c'est tant mieux aussi pour nos principes républicains de liberté, ÉGALITÉ et Fraternité ! 

Désormais l'accès à d'autres lectures comme aux nombreux réseaux sociaux ayant permis une certaine forme de cohésion, solidarité et surtout libération de la parole des femmes et des hommes de tous les pays du monde, y compris en France, rien ne pourra plus jamais arrêter à la fois l'information juste de circuler en même temps que l'information erronée. A chacun et chacune d'y faire alors le tri mais au moins, les parents en parleront plus facilement et librement qu'auparavant.

Quand à ceux et celles qui oseront encore nier la validité et réalité de toutes ces nombreuses VIOL-ences faites au corps féminin comme enfantin, maltraitances plus ou moins invisibles qui se jouent à huit-clos malheureusement le plus souvent dans les cabinets médicaux, les salles ou chambres des hôpitaux puis les palais de justice, nous les renvoyons à la fois vers les nombreux Témoignages naissance présent sur ce site que vers les nombreux autres sites, blogs, livres, articles et publications qui se diffusent régulièrement sur ce "nouveau sujet de société". Des articles "nouveaux" surtout pour les médias actuellement, car toujours non réellement reconnus par leurs acteurs eux-mêmes et encore moins par nos institutions, toujours muettes, aveugles et sourdes !

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Lire pour s'en convaincre encore l'excellent ouvrage de la journaliste Mélanie DECHALOTTE : "Le Livre Noir de la Gynécologie", (First éditions, 2017)
ou encore les Témoignages naissance