Manifestation des Sage-femmes à Paris

publié le 18 déc. 2013 à 10:07 par Association DANS LES BRAS   [ mis à jour : 4 juil. 2015 à 14:35 ]
manifestation sage-femme
Ce lundi 16 décembre ap-midi à Paris
près de la place Denfert Rochereau, les sages-femmes en grève auraient été chargée par les "forces de l'ordre" lors de la manifestation à Paris !
 
Le problème est qu'on ne trouve presque rien là-dessus sur les journaux : 
 
D'autres ont même un tout autre point de vue et prennent parti... des CRS !!
 
Alors stérilets et préservatifs à la figure... je ne sais pas, je n'y étais pas moi-même... Mais voici plus bas la lettre ouverte d'une sage-femme du Bas-Rhin. C'est à pleurer effectivement ! Bon, hormis cette photo en N/B, les autres montrent plutôt un cortège de sages-femmes assez "tranquilles". Mais, de toutes façons après deux mois de grève, les esprits commencent à s'échauffer de part et d'autre et c'est normal ! 

SVP, Mme la Ministre de la Santé, avant Noël, soyez sympas penser que le petit Jésus aussi à probablement eu sa sage-femme auprès de la vierge Marie... même si personne n'en parle jamais évidemment ! Car personne ne s'intéresse jamais à la naissance, ni aux sorts des sages-femme françaises qui sont sous-payées, surchargées de travail, mal assurées et rabaissées quotidiennement au rang de subalternes des gynécologues-obstétriciens, telles de simples infirmières. Parce qu'on leur refuse encore et toujours l'accès au secteur libéral, aux maisons de naissance, aux accouchements à domicile... Pourquoi ? Pour continuer à mieux les diriger et mieux diriger les femmes et les enfants qu'elles aident chaque jour... 

Alors, Mme TOURAINE, ça fait bien longtemps que je ne suis plus allée moi-même manifester à Paris (durant mes études seulement :-), mais si vous n'agissez pas rapidement début 2014 pour revaloriser cette profession mal-aimée, je vous assure que j'irai moi aussi brandir les pancartes et jeter des préservatifs à leurs côtés !  

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"Lettre ouverte à Monsieur Hollande, Président de la République Française.

Monsieur le Président,

Je suis sage-femme libérale dans une petite ville de province, mais je suis aussi écrivain, et c‘est cette plume que je prends aujourd‘hui pour vous écrire la colère, le dépit, la tristesse, peut-être même la rage, que j‘ai ressentis ce lundi 16 décembre 2013, journée de manifestation des sages-femmes à Paris, après deux mois de grève. J‘ai pleuré, Monsieur Hollande, j‘ai pleuré en voyant mes collègues molestées, repoussées, et pour certaines d‘entre elles frappées violemment par les forces de l‘ordre : une clavicule et un tibia cassés, des hématomes, et des sages-femmes choquées d‘être prises pour des hooligans.

Le pouvoir français maltraite celles-là même qui prennent soin des femmes et des enfants de la patrie. Des grands mots, allez-vous me dire ? Je n‘y vois que de grands maux, ceux d‘une profession entière, qui subit depuis des années le mépris et le manque de reconnaissance, malgré son statut médical, les cinq années d‘études pour y parvenir et la responsabilité médico-légale qui en découle.

Savez-vous que les sages-femmes sont en première ligne pour réanimer les nouveaux-nés, prendre en charge une hémorragie de la délivrance, ou une décompensation maternelle au décours de l‘accouchement ? Cela s‘appelle «avoir des vies entre nos mains», ces mêmes mains frappées avec des matraques parce qu‘elles tenaient des barrières ce 16 décembre. Savez-vous que les sages-femmes ont la responsibilité médicale du suivi de grossesse, des échographies, du suivi gynécologique de prévention et de toute la contraception des femmes ? Elles participent ainsi à l‘amélioration de la santé des femmes. Savez-vous qu‘elles sont aussi présentes pour accompagner les couples dans le pire moment qui soit, quand ils perdent leur enfant ?

Notre demande ne s‘inscrit pas au delà du raisonnable, loin de là. Une visibilité équivalente aux médecins dans le suivi des femmes, un statut digne de la profession médicale que nous sommes, et la reconnaissance qui va avec. Ce n‘est vraiment pas déraisonnable.

Ce lundi, les sages-femmes criaient avec le coeur, et on les a baillonnées avec les coups.

C‘est inexcusable. En prenant un peu de recul, c‘est même dramatique, car tous les bébés de France naissent en présence d‘une sage-femme. Même vous, Monsieur le Président, vous êtes venu au monde grâce à une sage-femme. Or une profession méprisée, invisible, non reconnue et maintenant violentée se meurt un jour, inévitablement. Et si elle ne meurt pas, elle vivote. Quelle force, quelle image donnerons-nous aux femmes de France et à leur bébé en vivotant péniblement ?

Quand j‘annonce que je suis sage-femme, neuf fois sur dix, on me répond «vous faites le plus beau métier du monde». Je n‘arrive plus à répondre «oui», Monsieur le Président, je n‘arrive plus à répondre oui, parce que non, ce n‘est pas le plus beau métier du monde. Ce n‘est plus le plus beau métier du monde.

Qu‘allez-vous faire, Monsieur Hollande, pour que je puisse à nouveau dire oui ?"

A.L Sage-femme libéral du Bas-Rhin

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Association DANS LES BRAS,
18 déc. 2013 à 10:14
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