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Dormir avec bébé

NON !! Il n'est pas plus dangereux d'allaiter puis de dormir paisiblement avec bébé contre soi plutôt que de le laisser dormir seul dans son lit, sans surveillance ! C'est avant tout une question de choix personnel, d'organisation, de mesures de sécurité et de bon sens également à respecter - Lire plus bas ainsi que sur : http://coordination-allaitement.org/newsletter3

En effet, pour répondre à de nombreuses angoisses des parents comme des professionnels sur ce sujet sensible, il est important de fournir de la documentation objective et non affective sur le cododo et la MSN (Mort Subite du Nourrisson). Tout d'abord, parce que, lors de nos échanges au sein de l'association avec les familles, nous observons que c'est principalement cette peur-ci, avec celle récurrentes des caprices, qui empêchent trop souvent les jeunes mères d'écouter leur première impulsion qui seraient naturellement de dormir avec leur nouveau-né dès ses premiers jours de vie. 

En effet, comme cette pratique ancestrale et universelle est depuis longtemps violemment critiquée en France, d'abord par les religieux et les enseignants comme par les psychanalystes et pédopsychiatres, les assistantes sociales, ainsi que par le corps médical, quasi unanime. Il n'est donc pas rare d'entendre autant d'idées reçues sur le partage du lit des enfants avec les parents que sur l'allaitement long, le portage intensif, etc. On peut voir le mal partout, n'est-ce pas, même dans les actes les plus purs qui soient ! 

Ainsi, les jeunes parents arrivent souvent désespérés au bout de quelques temps, les cernes autour des yeux et à bout de nerfs, après de longues "batailles" acharnées pour tenter de faire dormir leur enfant tout seul dans sa jolie chambre aménagé avec amour juste avant sa naissance. Mais, pourquoi bébé ne veut-il pas enfin coopérer et comprendre que : "Maintenant c'est fini, il doit dormir seul sans maman et papa à ses côtés !" Ils brancheront alors leur nouveau baby-phone qui crésille et empêche tout le monde de dormir paisiblement... Sans parler non plus des ondes électromagnétiques nuisibles au cerveau, petit ou grand ! Ensuite d'autres inquiétudes viendront de type : "Ne risque-t-il pas de s'étouffer seul dans son lit ? Sommes-nous alors de bons parents ? Faisons-nous bien tout ce qu'il faut ? etc." En réalité, ces interrogations récurrentes font écho à d'autres "ritournelles sociales" qui reviennent souvent comme par exemple celles sur les questions de poids ou taille : "Est-il assez gros, assez grand, assez nourri pour qu'il puisse faire enfin ses nuits, ce petit ?" Puis, plus tard : "Est-il propre ? Marche-t-il, parle-t-il, écrit-il désormais correctement, etc. ?" Car, les compétences de l'enfant sont tellement bien codifiées socialement et classées d'avance, qu'on s'attend tous à ce qu'elles soient acquises entre telles et telles tranches d'âge. Cependant, si l'enfant a le malheur de s'écarter un tantinet de ces sacro-saintes courbes de croissance et normes sociales le voici, avec ses parents "inconscients", rappelé plus ou moins gentiment à l'ordre par la société toute entière : famille, amis, autorités religieuses ou médicales, psy, assistantes sociales, éducateurs, enseignants, etc.

sommeil_bebe

Parfois il arrive même aux parents de dire que leur bébé faisait parfaitement bien "ses nuits" depuis leur retour de la maternité (sous entendu plus de 7h d'affilés). Et, voilà que brusquement, après quelques jours, semaines ou mois, l'enfant les sollicite à nouveau la nuit, suite à un épisode de fièvre, maladie, cauchemars, énurésie, palier de croissance ou pour toutes autres raisons... A partir de ce moment là, l'enfant reviendra régulièrement ou ponctuellement partagé le lit de ses parents ; qu'il soit encore allaité ou non d'ailleurs, puisque les études et statistiques prouvent aujourd'hui (comme le démontre le pédiatre espagnol Carlos Goncalves dans son dernier livre*), que les enfants plus âgés ont tendance à dormir moins bien et à réveiller davantage leurs parents si nourrissons ils ont dormi seuls trop tôt. 

Surtout que ces questions sont vitales, au départ, pour toute la famille, puisque chaque parent remarque vite que de la qualité du sommeil de l'enfant dépend aussi son alimentation, sa digestion et élimination comme son bien-être et même de ses apprentissages et compétences... ou vis et versa. C'est pourquoi, l'allaitement nocturne est aussi important que l'allaitement diurne, autant pour une bonne mise en route et prise de poids du bébé que pour la poursuite de l'allaitement maternel. 

De plus, malgré la pensée commune les bébés nourris au biberon ne dorment pas mieux la nuit que les bébés allaités longtemps, voir même moins bien parfois puisque ils sont aussi plus souvent malades. Malheureusement, comme la question du cododo et de l'allaitement reste encore extrêmement tabou en France, comme dans la plupart des pays occidentaux très sensibles à la psychanalyse freudienne et à la théorie du complexe d’Œdipe, il n'est pas rare non plus que les mères n'osent même pas en parler ouvertement autour d'elles de peur d'être taxer de laxistes ou de "mères fusionnelles", voir même soupçonnées de pire... Quand à celles qui circulent la nuit entre les chambres, elles subiront alors des nuits blanches très agitées durant encore de nombreuses années, en secret souvent, et surtout dans l'indifférence général ! Cela ne pourra évidemment pas ne pas avoir d'incidence sur leur sexualité et leur relation de couple ; et encore une fois que la mère allaite ou pas...

Souvent, le problème, qui n'en est pas un au fond pour l'enfant, mais qui en devient un pour son entourage, se réglera plus ou moins tout seul avec le temps, avec beaucoup de patience, de compréhension et d'amour. Sans compter que dans de nombreuses habitations à travers le monde, il n'y a pas toujours une chambre par enfant. C'est un luxe que peu peuvent encore se permettre d'avoir aujourd'hui, et les relations fraternels sont même parfois beaucoup plus simples lorsque les enfants partagent aussi leurs chambres comme leurs jouets !

Pourtant beaucoup de parents occidentaux impatients et épuisés finiront bien à un moment ou l'autre par laisser pleurer leur enfant tout son saoul quelques nuits durant, seul dans sa chambre, jusqu'à ce que, lassé de hurler ainsi, il finisse par cesser de les appeler ou de les rejoindre en pleine nuit. A chacun de croire alors qu'il était prêt à cela...

Parfois, le sommeil solitaire se fera plus calmement, par exemple à l'issu d'un palier de croissance, d'un départ en vacances, d'un déménagement ou de l'arrivée d'un autre petit frère ou sœur... Heureusement, tous les enfants finissent toujours par coopérer et dormir seul un jour ou l'autre. Oui, mais à quel prix parfois ! Au prix de l'affrontement familiale quotidien ou de l’obéissance aveugle et brutale. Mais, sont-elles les seules solutions possibles ? N'existe-t-il pas de moyens plus doux pour faire comprendre à notre progéniture, à un âge raisonnable, qu'il faut aussi respecter le sommeil d'autrui : de ses parents, grand-parents, frères ou sœurs plus âgés, etc.

En réalité, c'est à chacun de voir et de faire ses expériences ! Car pour s'entendre et faire coopérer quelqu'un (enfant comme adulte), il ne peut y avoir de méthode toute prête, sinon celle-ci risque d'atteindre rapidement ses propres limites du fait même d'être justement une "méthode éducative", donc non systématiquement adaptable à tout un chacun, valable en toutes circonstances et âges. Il faudra, donc, que les patents s'arment de beaucoup d'amour et de patience et trouvent par eux-même les bons moyens de communiquer avec leurs enfants aussi sur cette question. En fait, comme pour le reste de ces aquisitions, le sommeil solitaire de l'enfant viendra lorsque lui, sa mère et son père seront prêts à s'accorder tous ensemble là-dessus avec authenticité (cf Jesper Juul). C'est pourquoi, il faut d'abord laisser au Temps le temps de faire son nécessaire travail d'ajustement et savoir attendre le "bon moment pour les changements d'espace-temps, en acceptant parfois aussi d'inévitables retours en arrière pour mieux repartir ensuite vers l'avant.

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Voici déjà les recommandations officielles de l'UNICEF/UK qui peuvent être utiles à connaître, mais qui ne seront jamais pour autant la Vérité Absolue qui elle ne connait ni époque, ni lieu, ni culture. 

 L’UNICEF du Royaume-Uni a publié, en collaboration avec la Foundation for Study of Instant Deaths, une  brochure intitulée Sharing a bed with your baby 

sommeil bébé
(la traduction française existe et se traduit par "Partager un lit avec votre bébé" elle peut être obtenue soit sur le Web, soit auprès de l’U.N.I.C.E.F.- U.K.). Après avoir dit : « De retour chez vous, il est recommandé que votre bébé partage la chambre avec vous, surtout la nuit, au moins pendant les six premiers mois, car ceci aide à protéger le bébé contre la Mort Subite du Nourrisson. Si vous nourrissez votre bébé au sein, vous trouverez peut-être qu’il est plus facile d’avoir le bébé dans votre lit la nuit », elle indique très précisément les cas où le partage du lit est contre-indiqué (car augmentant les risques soit de suffocation, soit de MSN) :

 « Vous ne devez pas partager le lit avec un bébé si vous (ou n’importe quelle autre personne dans le lit) :
-        fumez (quels que soient l’endroit et le moment) ;
-        avez consommé de l’alcool ;
-        avez pris de la drogue ou un médicament quelconque qui pourrait vous rendre très somnolente ;
-        êtes anormalement fatiguée, à tel point qu’il vous serait difficile de répondre aux besoins de votre bébé.

Ne dormez jamais sur un canapé avec votre bébé, car ceci est très dangereux. Il n’est pas non plus prudent de laisser un bébé dormir tout seul dans un lit d’adulte ou sur un matelas d’eau, dans un fauteuil poire ou sur un matelas mal ajusté. »

Ajoutons : en règle générale, pas de couchage mou dans lequel le bébé pourrait s’enfoncer ; pas d’installation où le bébé pourrait glisser et rester coincé (entre le matelas et le bois du lit, ou entre le lit et le mur) ; une température de la pièce ne dépassant pas si possible 18 °C ; pas de couette risquant de recouvrir l’enfant, qui ne doit pas non plus être habillé trop chaudement (on connaît le rôle de l’hyperthermie dans la MSN).

La brochure de l’UNICEF-UK précise : « Si vous n’allaiter pas votre bébé au sein, il est probablement plus prudent de le remettre dans son lit avant de vous coucher ; ceci en raison de recherches qui semblent indiquer que les mères alimentant leur nourrisson au biberon ne dorment pas toujours face à leur bébé », alors que « la plupart des mères qui allaitent dorment automatiquement face à leur bébé, avec le corps dans une position  qui empêche celui-ci de se retrouver sous les couvertures ou sous l’oreiller ». 

En dehors des cas où les précautions n’ont pas été respectées, (et des cas d’étouffements volontaire, qui malheureusement existent encore), on n’a jamais vu d’enfants étouffés dans le lit des parents. Si le niveau de vigilance de ces derniers n’est pas altéré d’une façon ou d’une autre, ils « sentent » où se trouve l’enfant.

Pourquoi mettre tant en avant le fait que 3% des décès se produisent alors que l’enfant dort dans le lit de ses parents, au lieu de conclure combien ne pas dormir avec eux s’avère dangereux puisque 97 % ont lieu hors du lit familial ? Comme le dit le Professeur Messer, « 80 à 90% des morts subites du nourrisson surviennent précisément pendant le sommeil et alors que l’enfant est seul ou avec d’autres petits enfants incapables d’exercer une surveillance sur lui. »

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Et en octobre 2016, l'Académie Américaine de Pédiatrie (AAP) rejoint enfin les recommandations de l'UNICEF-OMS, WABA, IBFAN... et suite à de nombreux décès avec Syndrome de Mort Subite du Nourrisson (SMSN) reconnait désormais l'importance pour les parents de garder auprès d'eux et sous surveillance leurs bébés, jour ET nuit ! Lire les recommandations officielles AAP sur le sommeil des bébés

 

Vidéo YouTube

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Autres informations :

Lire : Comment dorment les bébés : Pour ou contre le sommeil partagé, de Claude-Suzanne DidierJean-Jouveau, Jacky Israël & James McKenna, éditions Belin, 2004.

Et pour en savoir encore davantage sur la MSN, le co-sleeping ou sommeil partagé lire aussi : https://sites.google.com/site/essai20091202/nos-dernieres-nouvelles/leco-sleepingremisenquestion - ou de la CoFAM : http://coordination-allaitement.org/FR/S_informer/Etudes_et_recherches/Newsletter_article_Le_Co-sleeping_et_le_SMSN.html

Canicule ! Que faire quand on allaite ? : http://www.danslesbras.org/dernieres-nouvelles-DLB/caniculequefairequandonallaite

ou encore quelques articles : http://www.alicetrepanier.com/#!Partage-du-lit-danger-Ou-comment-empcher-les-parents-de-faire-des-choix-clairs/cag/43B29A37-9171-48B4-AED9-449ED08720AD

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