Décoder les pleurs de bébé

Le langage des bébés :
Aux USA, la célèbre présentatrice Oprah, présente les travaux de Priscilla DUNSTAN "Baby talk" (Les paroles de bébé) : 
(en anglais mais facilement compréhensible quand même !)

Vidéo YouTube


Priscilla DUNSTAN, musicienne australienne à l'oreille absolue a décidé d'étudier en profondeur les principaux cris universels des nourrissons qu'ils utilisent quasiment tous, jusque vers 3-4 mois, afin de nous signifier leurs divers besoins (faim-soif, sommeil, inconfort, gaz-pets, rots, etc.). 

Les principaux sons universels des bébés :

Depuis la naissance de son premier enfant et ensuite durant 13 années, cette maman et chercheuse obstinée les a donc longuement et patiemment écouté, analysé, décomposé et surtout classé en une dizaine de signaux vocaux, dont les 5 principaux sont évidemment : 

- Faim - Soif : NEH
- Fatigue - Sommeil : OWH
- Inconfort - Agitation : HEH
- Gaz inférieur - Pet : EAIR
- Gaz supérieur - Rot : EH


Par contre comme cette musicienne chercheuse n'ayant probablement pas pratiqué elle-même l'hygiène naturelle infantile avec des bébés (HNI), elle ne décrit donc pas les signaux également ULTRA importants pour "pipi ou caca" que nous lancer régulièrement les nouveau-nés (juste ici pet et rot). Peut-être à les rajouter alors avec le "HEH" de l'inconfort qu'elle reconnaît là parfaitement bien...

Car ceux-là sont très visibles par des mères expérimentées à force de pratiquer l'HNI qui vont observer les bébés (surtout avant 3 mois donc), se crisper, devenir brusquement rouge, pousser ou crier fortement (quel son ? à définir encore donc ?) AVANT de faire leurs selles, puis se stopper net dès qu'ils auront fini, pour reprendre ensuite leurs pleurs-grognements d'inconfort "HEH". Pour le pipi, c'est un peu l'inverse en quelque sorte qui se produit : bébé se crispe à nouveau, lâche juste 1 ou 2 petits sons puis s'arrêtent les YEUX dans le vague (regarder attentivement ses yeux très concentrés à ce moment là "un ange passe" !), son corps totalement relâché et détendu pour mieux lâcher l'urine, puis à nouveau chouiner d'inconfort APRES avoir fait ses besoins. Comme pour nous dire :"HEH ! Oh ! Regarde ! J'ai fais sur moi, donc je suis mouillé là, HEH !" Ce que nombre de maman interprètent alors à tord pour des pleurs de faim et donc... re-tétée donc re-pipi-caca, donc mal au ventre, coliques, manque de sommeil, etc. etc.

Quel intérêt à le faire ?

Evidemment afin de mieux communiquer et faciliter les soins à l'enfant ! Cela semble déjà plus facile à priori, surtout que lorsqu'on les écoute bien AVANT, on les reconnaît mieux APRES. Même s'ils seront bien d'intensité, tonalité et longueur, répétition différents selon les voix, caractères des bébés comme de l'urgence de la situation... Donc, à chacun et chacune de tenter d'abord l'expérience pour voir, ou plutôt de mieux entendre ici !

Mais attention si c'est très intéressant effectivement, voir même rassurant, de voir quelqu'un de très compétent capable de reconnaître le ou les sons produits par son enfant, il faut tout de même éviter le piège de le faire trop souvent en présence des parents ; afin de ne pas non plus leur donner l'illusion qu'un simple étranger peut mieux "décoder les signaux-cris-pleurs" de leurs propres bébés, cad mieux qu'eux-même. Au risque de renforcer encore leur sentiment d'incompétence... Bien au contraire, les professionnels doivent désormais apprendre à s'effacer devant les capacités parentales, pour juste leur permettre, par petites suggestions bien choisies, au bon moment, de les retrouver EN eux (appels à leurs souvenirs d'enfant) !

Encore une fois, le fameux "instinct maternel ou paternel" est surtout une question de sensations-stimulus complexes, bâtis à partir de nos 5 sens, comme : la vue (observation), l'ouïe (écoute), le toucher (massage-contacts), l'odeur (portage-contacts) et le goût (lait maternel-artificiel). Donc les "compétences parentales" s'acquièrent bien au fil du temps et de l'expérience à partir des sensations et émotions qu'elles réveillent. Voilà aussi pourquoi beaucoup trop d'adultes, même de jeunes parents, ayant déjà du mal à se "connecter eux-mêmes à leurs propres sensations et émotions" (on va dire plus "cérébral" que "sensitifs"), pourront rencontrer davantage de difficultés à communiquer non verbalement et donc mentalement avec leurs enfants. Ceux-ci, et surtout les nourrissons, étant bien plus compétents et à l'aise que les adultes pour définir, exprimer, voir même expliquer clairement (comme on l'entend au dessus), leurs désirs et besoins. En résumé, les bébés auraient autant à nous apprendre que nous à leur apprendre ! Si seulement nous étions encore capables de nous mettre "à leur niveau" (et pas au dessus, mais en-dessous d'eux), avec beaucoup humilité, afin de ré-découvrir toute la "panelle" de sensations infinies qu'ils ressentent et expriment si parfaitement. Sans parler non plus de leur extraordinaire souplesse et compétence physique (proportionnelle à leur taille), leurs capacités phénoménales d'apprentissage et de connections neuronales, de récupération en santé et sommeil, d'obstination, ténacité et de courage à la base... avant, malheureusement, que nous, adultes, ne venions tout... abîmés ! En fait, si les bébés n'étaient pas aussi dépendants des adultes pour assurer leurs survies, ce serait bien les "maîtres" de l'Univers ! Car, à mon sens, ce sont bien les êtres vivants les plus évolués de cette planète !   

Quel risque de pas le faire ?

Et donc si, pour x raisons, les parents n'arrivent pas à bien se connecter à leurs enfants, intuitivement, même sans reconnaître mentalement ou auditive-ment comme ici la signification de leurs cris, leurs appels, pourtant très explicitent et de plus en plus pressent, finiront alors après 3-4 mois, soit par en produire d'autres d'encore plus puissants (hurlements plus forts et rapides) ou complexes (grognements sourds et indéfinissables), soit au contraire stopperont en partie ou totalement leurs demandes ("se calmeront enfin" pour certains), refoulant ainsi leurs besoins prioritaires pour à nouveau les exprimer plus tard quand ils sauront se déplacer puis marcher seul et tenteront alors de les assouvir eux-même, s'échappant ainsi régulièrement à la vigilance parentale pour faire des "bêtises" ou "caprices", selon l'interprétation arbitraire encore des adultes ignorants. 

Voilà pourquoi, il est important de placer les bonnes bases entre les parents et enfant(s), dès la grossesse en fait (contacts physiques fréquents, haptonomie, dialogue-écoute, etc. ) et surtout dès la naissance (physiologique, sans péri pour rester "active" le plus possible). En fait, il n'y aura jamais UNE seule, unique et parfaite méthode pour élever et communiquer avec nos enfants ou adolescents. D'ailleurs, ce sera bien, comme pour la suite du maternage proximal, au choix les parents qui pourront même mixer par exemple : l'allaitement fréquent avec l'hygiène naturelle infantile et/ou le portage intensif, ou bien encore le massage quotidien puis le langage des signes et l'écoute active, authentique et communication non-violente, etc. Il y a donc bien un panelle de possibilités infinies dans le maternage également !

Juste toujours garder à l'esprit qu'il existe bien, par contre (comme en tout chose et apprentissage), des périodes dites "critiques" à connaître pour ne pas "rater" ces caps importants (3-6-9-12 mois...) dans leurs évolutions physiques et psychologiques. Et pouvoir soi même, ainsi que bébé, être plus réceptif à l'échange et au partage, mieux ressentir ses besoins primitifs et donc pouvoir aussi mieux y répondre à temps. Cela, seuls les personnes physiquement les plus proches des enfants, donc généralement les parents, pourront devenir puis rester de mieux en mieux CONNECTER avec le ou les enfants. On peut même constater que cette connection plus efficace rejailli aussi sur l'ensemble de la famille, avec des pères et mères davantage connectés également entre eux, comme si bébé faisait alors bien le lien d'amour unifiant le couple. 

En résumé, on ne peut qu'encourager tout parent et professionnel à employer ce type de connaissances sensorielles, afin d'être capable le moment venu de les mixer, si besoin, et selon les situations avec d'autres moyens utiles dans le maternage proximal, en fonction toujours de ses propres limites physiques et sensorielles. Cependant, il est important tout de même d'insister sur la nécessaire disparition progressive, dans la sphère familiale, des "professionnels se sachant plus compétents" et autres personnes "bien intentionnées", mais extérieur à la famille ! Même si un peu d'aide au départ pour mieux comprendre et "décoder" nos petits ou grands enfants reste toujours essentiel dans la transmission des compétences intergénérationnelles. Ainsi, on peut donc, et doit même, absolument aider les nouveaux parents à décoder les principaux signaux subtils non innés que beaucoup de grands-mères, nourrices ou autres mères plus expérimentées arrivent facilement à reconnaître, "intuitivement" même, mais sans se substituer aux compétences parentales, elles, innées. 

Question d'équilibre dans l'aide et l'écoute, de patience comme d'expériences à obtenir et à diffuser ! 

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