Les punitions, sanctions et châtiments

Pourquoi aurait-on le droit de punir un enfant ?

- Les punitions et blessures corporelles : 

enfant_fessée
Pour en avoir subit nous-même ou avoir vu subir sur d'autre, étant enfant, on connait assez bien à quelles extrémité et dérives parfois peut aboutir la colère ou la frustration d'un adulte sur le corps fragile d'un enfant : claques, fessées et autres coups et blessures diverses sur des parties du corps plus ou moins petites (oreilles, nez, doigts ou orteils), plus ou moins intimes (fesses, poitrine, sexe) plus ou moins cachés (dos, cuisses, bras, etc.), avec parfois même des fractures, déchirures musculaires, brûlures, lacérations, électrocutions, etc. Il n'est pas de limites en fait à l'imagination humaine en ce qui concerne les actes de violences et de tortures physiques ou morales sur autrui. Évidemment la plupart des parents ici ne pensent pas être concernés eux-même... Hormis s'il se souvienne un peu du passé peut-être ? Mais au présent, voyons, absolument pas ! Pas moi, pas dans ma famille, juste dans celle des autres... Cependant vu le type d'éducation que nous recevons depuis plusieurs générations dans notre pays, dans nos familles comme à l'école, il y a assez peu de chance que nous échappions nous-même en tant que parents à la reproduction de toutes ces Violences Éducatives Ordinaires (VEO) Familiales et Sociales ! Tellement banalisées, enfin, par de simples gestes, "tapes ou fessées", qu'ils en deviendraient presque transparents, voir irréels... En tout cas, peu important pour nous comme pour la collectivité !

Alors, beaucoup les nieront ou les minimiseront pour cacher leurs fautes comme celles de leurs parents ou éducateurs auparavant... Voilà également pourquoi, lorsque leur enfant grandissant et qu'il se retrouvera à son tour face à une situation de Violence Éducative Ordinaire, scolaire ou autre, la plupart des parents ne réagiront même pas ou à peine ; sauf peut-être s'il y a blessures apparentes et graves ou que le jeune soulève, enfin, le voile du silence et avant qu'il ne soit trop tard non plus : harcèlements répétitifs, agressions physiques, verbales ou sexuelles, voir accidents ou suicides. On ne s'étonnera plus alors que personne n'intervienne lorsqu'une agression arrive dans les lieux publics, juste devant nous... On redevient alors comme transparent, conditionné à se soumettre, à se protéger d'abord !  

Voici, donc, ici 2 exemples types de ce que nous avons tous subit, fait subir ou continuons à faire subir à plus petit que soi.

En janvier 2015, une fillette de 7 ans, scolarisée dans une école publique en classe de CP dans le Nord de la France, tombe gravement malade après une punition collective : "Suite à un chahut, les animateurs chargés de surveiller les enfants auraient décidé d’une punition collective. Et rien trouvé de mieux que de faire s’allonger tous les enfants, à même le sol, en plein hiver, sous le préau.

Même si celui-ci est clos et dispose de radiateurs, il n’y fait pas bien chaud. La durée de la punition varie, selon les versions, d’un quart d’heures à une heure. Quoi qu’il en soit, « dès le lendemain, poursuit la maman, ma fille a dit qu’elle avait mal au ventre. » La mère, médecin, a ausculté l’enfant et constaté une légère montée de fièvre. Le jeudi, la petite s’est mise à vomir. La fièvre est montée. Et le dimanche soir, la mère en est arrivée à la conclusion que sa fille était victime d’une pneumopathie. Diagnostic confirmé ensuite par un collègue. Résultat : 12 jours d’hôpital, des fêtes de Noël gâchées, et une longue absence à l’école." - http://www.lavoixdunord.fr/region/cuincy-une-eleve-attrape-une-pneumopathie-apres-une-ia16b12098n2628517

(Les parents témoignent dans cette vidéo)

En janvier 2016, une jeune fille de 13 ans, scolarisée dans un collège privé en classe de 4ème dans l'Est de la France, "rentre en larmes et frigorifiée un vendredi après-midi suite à une punition collective donnée en dernière heure de permanence par le surveillant à toutes les classes de 4ème (sauf 1). A cause de 2 jeunes qui pétaient et rigolaient bruyamment, le surveillant a fait sortir tous les élèves et les a laissé en rang, sans bouger, durant presque 1 h, en hiver et dans le froid (5°C), ne faisant rentré au compte gouttes que "les premiers et plus sages" ! Alors que les élèves auraient dû utiliser cette heure de permanence pour faire leur devoirs du week-end, cette punition collective complètement injustice et abusive auraient pu surtout avoir de graves conséquences pour leur santé !"

On voit donc bien avec ces 2 exemples concrets à quel abus peut très vite arrivé le responsable d'un groupe d'enfants ou adolescents lorsqu'il est confronté à un mouvement spontané de groupe (colère, peur, orgueil, etc.). Pourtant il se trouve qu'officiellement du moins "les punitions et sanctions collectives sont proscrites" (Circulaire n° 2014-059 du 27-5-2014 : http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2014/06/cir_38361.pdf qui fait écho à la fameuse circulaire n° 2011-111 du 1-8-2011): http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=57071

5 - Le principe de l'individualisation (II-A-5)
"Le principe de l'individualisation des sanctions est conforme à la règle d'équité : elles ne peuvent atteindre indistinctement un groupe d'élèves.

a) Énoncé du principe
Le principe d'individualisation implique de tenir compte du degré de responsabilité de l'élève. La sanction ne se fonde pas seulement sur l'acte en lui-même mais également sur la prise en compte de la personnalité de l'élève, surtout s'agissant des mineurs, ainsi que du contexte dans lequel la faute a été commise. Les punitions ou sanctions collectives sont donc prohibées. Outre le fait qu'elles sont illégales, leur finalité éducative ne serait pas atteinte. Il s'agit en effet de mettre l'élève en situation de s'interroger sur sa conduite et les conséquences de ses actes.

b) Faits d'indiscipline commis en groupe
Le principe de l'individualisation n'est toutefois pas exclusif de sanctions prononcées à raison de faits commis par un groupe d'élèves identifiés qui, par exemple, perturbe le fonctionnement de la classe. Il convient d'établir, dans toute la mesure du possible, les degrés de responsabilité de chacun(e) afin d'individualiser la sanction, ce qui n'exclut pas qu'elle soit identique pour plusieurs élèves. Dans l'hypothèse d'incidents impliquant plusieurs élèves, la commission éducative (voir ci-après) peut notamment jouer son rôle dans la recherche d'une réponse éducative personnalisée."   

De plus, "Pour rappel, la note de zéro infligée à un élève en raison de motif exclusivement disciplinaire est proscrite." (I-B-1)

chatiments corporels

Le problème étant, en tant que parents, qu'épluché ainsi ce type de texte "juridique" est assez long et fastidieux, et donc la plupart ne le feront pas évidemment ! C'est à se demander d'ailleurs s'il n'y pas derrière une volonté plus ou moins caché que les délégués des parents d'élèves ne soient laissés ainsi volontairement dans l'ignorance complète de leurs droits comme de leurs obligations en même temps !? C'est d'autant plus regrettable en fait pour tout le monde qu'on y décrit également les violences envers le personnel éducatif comme le harcèlement scolaire à l'intérieur comme à l'extérieur de l'établissement qui mériterait encore d'être ici approfondit ! Voilà pourquoi, je vous encourage malgré l'aspect ennuyeux du document de le ou les lire très attentivement... Car il a existé plusieurs circulaires de ce type avant la plus récente de 2014 (en PDF) et très bien expliqué ici : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2014/06/02062014Article635372912992222956.aspx

"Les punitions infligées doivent respecter la personne de l'élève et sa dignité : sont proscrites en conséquence toutes les formes de violence physique ou verbale, toute attitude humiliante, vexatoire ou dégradante à l'égard des élèves", indique le Bulletin officiel du ministère de l'Education nationale du 13 juillet 2000. "Humilier un enfant n'est jamais une bonne punition", estime Nathalie Anton, auteure de L'Art d'enseigner. Contactée par Francetv info, cette enseignante et psychologue blogueuse n'est pas surprise de la réaction des camarades de la fillette : "Un éducateur se doit d'être exemplaire. S'il commence à adopter un comportement violent, alors la violence devient la règle."

Finis aussi le bonnet d'âne et le piquet : aujourd'hui, le règlement imposé à toutes les écoles interdit aux enseignants de mettre leurs élèves au coin, sans surveillance. Les châtiments corporels sont également interdits, et un élève ne peut être privé de la totalité de la récréation à titre de punition, selon la circulaire de l'Education nationale du 6 juin 1991 (PDF). Dans les collèges et les lycées, donner des lignes à copier ou attribuer un zéro à un élève pour sanctionner son comportement est proscrit." - http://www.francetvinfo.fr/societe/justice/punitions-a-l-ecole-jusqu-ou-peut-on-aller_340192.html

De la même façon, qu'il est regrettable que le titre de cette fameuse Circulaire n° 2014-059 du 27-5-2014 semble à priori si restrictif : "Organisation des procédures disciplinaires dans les collèges, les lycées et les établissements régionaux d'enseignement adapté, mesures de prévention et alternatives aux sanctions". Nécessairement, les parents du 1er degré (maternelle et primaire) vont se demander où est la même circulaire pour eux alors ? Et bien elle n'existe toujours pas ! C'est assez regrettable vu l'importance d'un tel document pour les questions de disciplines dans les établissement du 1er degré ! Mais comme les académies dont celle de Nancy-Metz ici) font bien également références à ces fameux principes disciplinaires (d'individualisation, du contradictoire, de la proportionnalité, etc.), elles reconnaissent s'appuyer elles-mêmes sur cette circulaire du 2ème degré. On ne peut donc qu'encourager les parents à demander aux directeurs d'école, proviseurs ou même inspecteurs, députés ou ministres pourquoi une telle Circulaire n° 2014-059 du 27-5-2014 n'est pas davantage diffusée ET surtout appliquée dans tous les établissements de France ?

- Les punitions et blessures psychologiques :   

Il est assez difficile en fait de faire réellement la différence entre punitions uniquement corporelles et punitions psychologiques ! Car, évidemment l'une s'imbrique avec l'autre, même si la seconde peut tout à fait exister sans la première ; comme on a pu le voir parfaitement bien illustré dans le second exemple plus haut lors de la punition collective du surveillant de Collège. Il n'y a pas eu physiquement de châtiments corporels mais une violence physique comme psychologique importante (injustice puis manipulation pour rentrer plus vite au chaud). C'est aussi pourquoi, de nombreux parents ou éducateurs au tempérament très calme, froid et posé peuvent donner l'impression que leurs attitudes autoritaires (autoritarisme plutôt), infligent leurs punitions, sanctions et châtiments sans colère, ni expression violente... Pourtant cela en est bien ! Même l'indifférence et le silence pesant peuvent devenir une grande forme de Violences Educatives Ordinaires. Les méthodes pédagogiques et froides des familles et éducateurs allemands, juste avant la Seconde Guerre Mondiale, a d'ailleurs grandement contribué à l'engouement et à la montée du Nazisme en Europe. Désormais, ces méthodes très sévères sont proscrites dans nos établissements français du moins, mais pas partout encore comme on le peut le voir ici : http://hebdo.ahram.org.eg/NewsContent/950/7/133/887/La-d%C3%A9rive-des-enseignants.aspx

Voici d'ailleurs où en sont les pays dans le Monde avec l'abolition officielle des châtiments corporels en 2015 :

Abolition des chatiments corporels

On peut y voir que la France en est encore très loin ! Comme lui a d'ailleurs récemment fait rappeler le Conseil de l'Europe qui "se prononcera en effet sur une réclamation d’une ONG britannique qui reproche à la loi française de ne pas interdire totalement les châtiments corporels envers les enfants. L’association pour la protection des enfants Approach allègue que la France viole un article de la Charte sociale européenne, en raison de "l’absence d’interdiction explicite et effective de tous les châtiments corporels envers les enfants". Sa réclamation a été déclarée recevable en juillet dernier par le Comité européen des droits sociaux (CEDS) du Conseil de l’Europe." - http://www.clicanoo.re/?page=archive.consulter&id_article=464105

Mais alors quelles sont les "bonnes" méthodes éducatives désormais ? 

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Évidemment il n'y en a pas ! Mais si nous essayons nous-même chaque jour de faire de notre mieux pour améliorer notre relation à l'autre (couple, enfant, collègue, patron, professeur), si nous arrivons à dominer nos propres pulsions destructrices (colère, peur, frustration, orgueil, égoïsme, désir, manques, fatigue, gourmandise, etc.), alors nécessairement nos propres enfants nous imiteront, en "Bien" comme en "Mal" d'ailleurs !

- En famille comme à l'école, deux règles fondamentales devraient principalement dictées nos actes comme ceux de nos enfants : "Ne pas faire à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse !" et plus précisément "La liberté de chacun s'arrête où commence celle de l'autre". 

"Psychologue clinicienne, spécialiste des enfants et des adolescents, Geneviève Henry, interrogée par Francetv info, estime qu'il faut faire la distinction entre l'acte et la personne. "On peut dire à un enfant : 'ce que tu as fait n'est pas bien, mais tu n'es pas méchant'." Elle recommande aussi de prendre du temps pour dialoguer avec l'enfant, plutôt que de lui demander de copier des lignes ou de l'exclure d'une salle de cours, car cela n'a "aucun effet".

"Comme cette fillette 'dissipée' dans la Manche, certains élèves ne sont pas disponibles. Cela ne signifie pas qu'ils ne sont pas motivés, mais qu'ils rencontrent des difficultés dans leur développement, plus ou moins importantes", explique Geneviève Henry. Selon elle, "humilier un élève, comme cet enseignant l'a fait, n'incitera pas un enfant à obéir. En plus de cela, l'humiliation laissera des empreintes psychologiques et aura des répercussions sur l'image qu'il a de lui-même". - http://www.francetvinfo.fr/societe/justice/punitions-a-l-ecole-jusqu-ou-peut-on-aller_340192.html

En tout cas actuellement comme il le souligne parfaitement ici cette journaliste de France TVInfo (publié le 06/06/2013)

"Les seules punitions dont l'instituteur puisse faire usage sont les mauvais points ; la réprimande ; la privation partielle de la récréation ; la retenue après la classe, sous la surveillance de l'instituteur ; l'exclusion temporaire", indiquait déjà un arrêté de 1887.

"Il est permis d'isoler de ses camarades, momentanément et sous surveillance, un enfant difficile ou dont le comportement peut être dangereux pour lui-même ou pour les autres", précise la circulaire de 1991. Modifiée par celles du 20 juillet 1992 et du 29 juin 1994, c'est elle qui définit le cadre dans lequel peut s'exercer la gestion de la discipline à l'école primaire. Ensuite, chaque école a le droit de définir son propre règlement intérieur et de diversifier les punitions."

Et si on apprenait plutôt à se passer de menaces, humiliations, punitions, sanctions ou châtiments !

En effet, si un maximum d'adultes essayaient d'offrir eux-même d'autres modèles de fonctionnement sociaux aux plus jeunes comme aux plus anciens, en privilégiant déjà la maîtrise de leurs émotions, la négociation, la coopération, l'entraide, la générosité et l'échange de compétences, l'écoute et le respect, la reformulation des besoins et sentiments via la communication non violente (CNV), etc. ? De même, si le Ministère de l’Éducation Nationale plutôt que de financer des programmes totalement obsolètes et inutiles de luttes contre la violence et le harcèlement scolaire, généralement en direction des jeunes plutôt que de TOUS les acteurs éducatifs, s'il pourrait davantage formé dès le départ parents et enseignants aux techniques de résolution de conflits, mis en place par Carl Roger ou Marshall B. Rosenberg pratiqué aux USA et un peu partout dans le monde désormais depuis presque 50 ans ? Et enfin si le "Mammouth" acceptait enfin de se remettre réellement en question, en profondeur, à la base... ? Pour qu'enfin un jour peut-être même lointain la violence éducative des mots n'engendraient plus d'autres maux...

je_te_creve
Témoignage : 

- "Ma voisine (8 ans) : madame je peux venir avec vous promener votre bébé?
- Moi : Bien sûr ma chérie, on va juste faire le tour de la résidence
- Mon ‪#‎père‬ m'interdit de m'éloigner de la maison mais je le fais qu'en même
- ah bon!! Ton père risque de se fâcher s'il apprend que tu lui as désobéit
- Oui il va sûrement me ‪#‎punir‬ mais c'est pas grave
- Et comment te punit ton père lorsque tu désobéis?
- Ben il se fâche et il me punit dans ma chambre pendant une heure
- Et tu t'en moque ?
- J'ai l'habitude, je suis tout le temps punie
- Et tu n'as pas envie de modifier ton ‪#‎comportement‬ pour que ton père arrête de te punir?
- Non puisque quoique je fasse, je sais que je vais être punie. J'arrive pas à m'empêcher de faire des ‪#‎bêtises‬

Intéressant !!! Les ‪#‎punitions‬ n'ont visiblement pas le pouvoir de modifier le comportement de cette jeune fille, mais elles ont le pouvoir de la résigner et de lui faire perdre son ‪#‎EstimeDeSoi‬.

Les punitions sont pourtant censées permettre aux ‪#‎parents‬ d'exercer leur ‪#‎Autorité‬ et amener l'enfant à se ‪#‎discipliner‬.
Pourquoi alors dans ce cas précis obtient-on exactement l'effet inverse, une ‪#‎enfant‬ découragée ?"



http://stop-veo.fr/ils-sappelaient-david-amine-oumar-yanis/ (exemples de "David, Amine, Oumar, Yanis qui avaient 8 ans, 1 an, 15 ans, 5 ans. Ces quatre enfants sont morts, en France, en 2017, à la suite de punitions infligées par leurs parents pour avoir manger trop de bonbons, avoir crier et ne pas être assez "sage", pour avoir sécher l'école ou avoir fait pipi au lit).