Les thématiques‎ > ‎La naissance‎ > ‎

L'Accouchement Non Assisté : ANA

accouchement_non_assiste
Voilà un sujet HAUTEMENT tabou que très peu de personne ose aborder... Mais nous si, comme d'habitude ! Histoire de tordre encore le coup à nombres de racontars et idées reçues sur la naissance physiologique. Alors, pourquoi cela ? Et dans l'Histoire de l'Humanité ?
Et ailleurs : où et comment naît-on ?

Tout d'abord, il faut savoir que l'Accouchement Non Assisté (ANA), sous-entendu assisté par un professionnel de santé reconnu par l’État, bien que non illégal encore dans la plupart des pays d'Europe, y est très largement décrié, surtout lorsqu'il est "choisi" par défaut. "Choisi par défaut", car la plupart du temps soit la femme ne prévoit pas de donner naissance hors cadre hospitalier (chez elle si accouchement ultra rapide, sur le chemin vers la maternité, dans la voiture ou taxi, au pied de l'hôpital ou de l'ascenseur, etc.), soit elle se laisse consciemment ou inconsciemment cette possibilité sachant qu'aucun professionnel près de chez elle n'accepte de l'aider dans son projet d'AAD (Accouchement A Domicile), et qu'aucune Maison de Naissance indépendante ne lui est encore proposée non plus, malgré le fait qu'elle refuse obstinément de se rendre dans un Hôpital public ou privé. Institutions médicales et sociales qu'elle juge pour X raisons, la concernant, comme trop peu rassurantes, accueillantes ou sécurisantes pour elle et son enfant : souvent par convictions personnelles ou religieuses, peurs phobiques des "blouses blanches", antécédents de maltraitances médicales, voir obstétricales lors d'accouchements antérieurs, maltraitances familiales, viols ou tortures en réunion, etc. Encore une fois, il s'agit d'entendre ici, et d'écouter surtout, les arguments idéologiques comme les souffrances physiques ou psychologiques derrière ces choix de naissance désormais "hors normes", afin de pouvoir en tenir compte également et proposer des alternatives acceptables pour chaque type de situations. Expériences douloureuses malheureusement bien plus fréquentes qu'on ne le croit et que les professionnels de santé n'acceptent souvent pas de reconnaître eux-même...

L'ANA dans l'histoire : 
Il n'y a qu'à lire le peu articles existants pour comprendre toutes nos contradictions culturelles sur ce sujet si délicat ; comme celui-ci (article cependant très instructif d'un point de vue juridique et légal) : http://libertescheries.blogspot.fr/2014/12/laccouchement-domicile-ou-dans-une.html

En le lisant, on peut penser qu'il est heureux que notre chère Marie n'ai pas accouché aujourd'hui du Petit Jésus ! Car, l’État d'alors aurait tout à fait pu la poursuivre par la suite, afin d'assurer malgré elle sa survie et sa sécurité. A vrai dire, c'est exactement ce qu'on prétendu faire Pons Pilate et sa "milice locale"...  L'auteur de l'article interprète donc que Marie a dû accoucher dans une étable par urgence et nécessité, et par conséquent que cela devient totalement justifié dans ce cas précis. Mais, à ce qu'on sache, il n'existait pas de CHU niveau 3 à l'époque, donc guère d'autres possibilités pour elle !

En réalité, toutes les futures mères accouchaient chez elles, à leur domicile, auprès de leur famille et autres femmes de leur communauté sans que cela n'étonne personne ! Et durant plusieurs millénaires même... Pourtant leurs descendants ont bien survécus, la preuve ! Mais, évidemment, elles n'accouchaient pas toutes dans une étable inconnue, seule, loin de chez soi et en plus en chemin vers... pour mémoire : "un recensement administratif imposé par un dictateur et des occupants étrangers (ça ne vous rappelle rien non plus ?). Donc, il faut cesser de croire que la plupart des États se soucient réellement du bien être et de la sécurité des femmes ! Ni hier, ni aujourd'hui d'ailleurs ! Au fond, il s'agit juste de mieux chercher à les contrôler et diriger ensuite leur maternité... Ce qui montre bien que le couple, Marie et Joseph, était surtout des résistants, comme tous celles et ceux qui refusent les abus de pouvoirs et abus politiques de leur pays. Voilà pourquoi, ils durent ensuite s'exiler à dos d'âne avec un nourrisson pour fuir les persécutions... Très confortable comme on peut l'imaginer, et toujours d'actualité, en passant ! Sauf que des hommes et femmes idéalisèrent ensuite le parcours de vie du fils et de sa mère, comme "Christ" et "Vierge", qu'ils vénèrent toujours leurs actes et paroles, les prient chaque jour et les invoquent quasi partout dans le monde... Tout en continuant de persécuter ceux et celles qui leur ressemblent pourtant. Paradoxalement !

Les normes biologiques de l'espèce humaine :
En résumé, comme la norme alimentaire du bébé humain reste l'allaitement, la norme de la naissance reste bien entendu l'accouchement au domicile des parents, comme la norme de fin de vie reste également de mourir à son propre domicile... Il était bon de faire une simple parenthèse ici, afin de juste le rappeler ! Cependant, que chacun(e), encore une fois pour raisons personnelles, par peurs, convictions ou conforts, choisisse de faire autrement, relève encore une fois du droit élémentaire à la liberté d'action et d'expression, valable pour tous. On peut ne pas le comprendre, ni même l'accepter ou le souhaiter pour soi-même ou sa famille, mais personne n'a le droit de nier ces choix différents et droits légitimes !

Alors, faut-il pour autant encourager les femmes à faire des Accouchements Non Assistés, certes NON ! Car aucune femme ne souhaite risquer de se mettre elle et son nouveau-né en danger au moment crucial de le "mettre au monde" : littéralement le "poser au sol", tradition où la matrone posait l'enfant devant le père qui devait le relever ensuite pour le reconnaître, lui offrant ainsi un nom et un statut social. Car, l'être humain, qu'on le veuille ou non, reste un "mammifère" foncièrement social. C'est pourquoi il a absolument besoin d'autrui pour naître et se nourrir (mère), pour vivre (père), pour travailler et évoluer (groupe), pour se reproduire (conjoint), voir même pour mourir (prêtre)... En fait, aucun être humain digne de raison ne souhaite accoucher seul, sans le soutien ou l'aide de sa communauté, avant, pendant ou après la naissance de ses petits. Certes, on peut parfois aussi y arriver seul, mais ce n'est pas ce que la majorité des humains souhaitent au final et recherchent au fond d'eux pour mieux vivre tous ces moments si essentiels...

Cependant, quand nos États dérogent à leurs devoirs de respecter nos libertés de choix et de sécurités, comme d'actions et d'expressions, alors tout citoyen a le droit et même le devoir de suivre en priorité ce qu'il pense être Juste, au plus profond de lui même. Cela afin de s'écouter et s'aider d'abord pour mieux être capable ensuite d'écouter et d'aider autrui, comme ici les besoins vitaux de l'enfant à naître, et d'assurer ainsi au mieux sa propre survie, soins ou sécurité, comme celle de sa famille. Heureusement, il est parfois possible aussi de trouver des compromis avec nos dirigeants politiques, comme avec les professionnels de santé, dont la plupart ont tout de même à cœur de respecter les bases de nos libertés individuelles. En résumé, c'est à chacun(e) de voir selon sa situation personnelle, son lieu géographique, sa religion, ses coutumes, contraintes professionnelles ou familiales, peurs, compétences physiques ou psychologiques, etc.

Voilà pourquoi, nous tenions à rappeler ici que l'ANA n'est généralement pas un choix inconscient de folles hystériques voulant absolument accoucher toutes seules, sauvagement dans la brousse ou à l'étable... NON ! L'ANA est bien une absence de choix, ou plutôt un "choix par défaut". Ainsi, lorsque les États Européens, ou autres, prendront enfin leurs responsabilités là-dessus et accepteront de multiplier l'offre de choix des suivis et lieux de naissance aux parents (A Domicile, en Maisons de Naissance ou à l'Hôpital), nécessairement il y aura moins "d'accidents" d'une part, comme de violences médicales puis familiales d'autre part. 

Car, "Aimer son prochain" commence peut-être déjà par respecter
 ses choix, même par défaut et même sans jamais les comprendre vraiment.