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La césarienne

La césarienne, avant tout un acte chirurgical qui n'a rien d'anodin !
cesarienne

Attention ! Il ne s'agit pas de remettre en question le choix de la césarienne (programmée ou non), lorsqu'il s'agit d'un acte médical d'urgence ou d'un choix mûrement réfléchi par la mère et le personnel hospitalier parce qu'il s’avère indispensable pour sa survie ou celle de(s) l'enfant(s). Il s'agit plutôt d'avertir auparavant les femmes enceintes sur les risques et séquelles réelles en post-partum, afin qu'il ne devienne pas non plus, comme dans de plus en plus de pays à travers le monde, un choix de naissance par pure convenance personnelle. En effet, entre 80 à 90% des brésiliennes accouchent par césarienne au pays de la chirurgie esthétique, alors que l'OMS considère comme normal un taux tournant plutôt autour de 10% à 15% de césarienne en structure hospitalière. 

Tout d'abord, il faut savoir que le nécessaire passage du fœtus à travers le "vagin de sa mère" implique énormément de choses, autant psychologiquement que physiquement, notamment l'imprégnation du nouveau-né par la flore bactérienne maternelle, ce qui aura un impact non négligeable sur sa peau et le vernix qui le recouvre encore, mais surtout sur sa propre flore intestinale et vaginale plus tard, et par conséquent ses défenses immunitaires face aux allergènes, bactéries, maladies, etc. En résumé, même si sur le moment, tout le monde est soulagé de les savoir en vie, les séquelles physiques et psychologiques de toute une famille sont bien réelles et ne doivent pas être négligées ; ni avant, ni pendant, ni surtout après la naissance. Le plus important pour les futures ou nouvelles mères césarisées est de pouvoir se préparer le plus tôt possible aux difficultés post-opératoires qui les attendront inévitablement ensuite, durant les semaines, mois ou années à venir... Voir même à être capables également à reconnaître d'éventuel signes de SPT - Syndrome Post-Traumatique et revenir sur d'éventuelles VO - Violences Obstétricales subies avant, pendant comme après la naissance. 

De plus, il faut également prévenir les futures mères qu'accoucher par césarienne aura inévitablement un impact sur sa santé, celle de son enfant comme sur les naissances futures (risques d’hémorragies, d'adhérences ou allergies, complications pour un AVAC : Accouchement Vaginale Après Césarienne), mais également lors de la mise en route de l'allaitement maternel. En effet, la montée de lait (entre 2-3 et 4-5 jours) est plus souvent retardé à cause des pertes de sang et cicatrisations, de la fatigue physique qui est plus importante et des mouvements lors des tétées qui sont davantage limités, les positions d'allaitement deviennent alors malheureusement plus compliquées et douloureuses, etc. Et puis, normalement, c'est bébé qui devrait de lui-même s'appuyer sur le corps de sa mère pour fouiner et prendre le temps de la sentir, chercher le sein nourricier et le trouver seul... Alors qu'ici souvent c'est bien plus souvent le personnel soignant comme l'entourage proche qui aideront les premières "mises au sein" (et non prises du sein !) et pourront donc s'impatienter devant "l'installation de la patiente", pour mieux "se positionner pour allaiter", etc. Voir insister même auprès de la mère pour la voir se remettre le plus vite possible sur pied et nourrir rapidement et plus souvent son enfant... jusqu'à l'épuisement ! A moins que trop occupés ailleurs, en cas de nombreuses naissances en même temps, d'un métier stressant ou de plusieurs autres enfants à gérer à côté, tout simplement l'oublient elle et l'enfant ! Ainsi tous les gestes simples de l'allaitement, au demeurant très "naturels" MAIS surtout très "culturels", deviendront vite plus compliqués après une opération chirurgicale et qu'il est tentant alors, malgré toutes les bonnes intentions du départ, de presser un peu la mère et l'enfant, au risque de rentre bébé complètement passif en lui ouvrant la bouche et en le forcer à prendre plus ou moins mal et vite le sein maternel ; ce qui, à terme, ne facilitera pas du tout leur autonomie, l'estime de soi maternel ou paternel, la prise du sein sans douleurs et donc la mise en route de l'allaitement !

Enfin, il sera bienvenu dès les premiers jours avec bébé(s) de pouvoir organiser son retour au domicile avec une aide professionnelle, familiale et/ou amicale, pour s'entourer de plusieurs personnes bienveillantes, en relais nuit et jour. Et non de lâcher sans aide pratique et soutien psychologique ces jeunes mères, avec leur cicatrice et leur(s) bébé(s)... D'autant que la plupart des pères et famille ne comprennent pas toujours, voir mésestiment ou nient totalement parfois à cet instant les réelles difficultés et douleurs physiques comme psychologiques de leurs compagnes (fatigues chroniques et séquelles physiques, descente d'organes, énurésie, sensibilité sensorielle et sexuelle, baby blues ou dépressions post-partum, violentes sauts d'humeur puis violences familiales, etc.). Savoir également qu'obtenir ensuite un AVAC peut devenir plus compliqué lors des grossesses suivantes, parfois même impossible avec certains praticiens en fonction des hôpitaux privés ou publics (risque de réouverture de la cicatrice, de ruptures utérine, d'adhérences, d’hémorragies ou de réactions allergiques aux fils et autres complications post-opératoires...).

En résumé, une césarienne reste un acte chirurgical majeur et non mineur, qu'il ne faut donc pas banaliser non plus comme on peut le voir actuellement en le comparant à un accouchement naturel et physiologique par voie basse. Certes, il s'agit également d'un moment fort et intense en émotions pour les parents et leur famille, comme pour n'importe quelle naissance d'ailleurs, mais il ne faut pas pour autant négliger sa particularité pour être capable de mieux l'accompagner et prévenir d'éventuels soucis par la suite. Enfin, il s'agit de remettre surtout, le plus rapidement et souvent possible, en contacts charnels le père, la mère et l'enfant. Sans forcer pour autant ceux-ci, mais afin de renforcer l'attachement familial avec l'aide de l'allaitement bien sûr, mais aussi au travers de séances de peau-a-peau, massages fréquents ou bains occasionnels, écoute et entraide, etc.. C'est ce qui semble encore le plus important dans un premier temps pour cicatriser le lien mère-enfant !

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Témoignage :

cicatrice cesarienne

« Au 8e mois de grossesse, on m'a annoncé que je devais accoucher par césarienne pour des raisons de santé. Mon ophtalmologue m'ayant, en effet, certifié que si j'accouchais par voie basse, je risquais d’augmenter l’hémorragie sous-rétinienne en cours et d’avoir un décollement de rétine durant l'expulsion du bébé. Quelle déception ! Moi qui avait prévu un projet de naissance tout ce qu'il y a de plus "naturel", je me retrouvais à devoir faire le deuil d'une naissance par voie basse comme je l'avais déjà connu pour ma fille ainée.

Mais, le bon sens veut que l'on écoute d'abord les médecins, qui, soit dit en passant 2 ans plus tard, ne préconisaient plus de césarienne pour ce type de "cas médical" (!). Me voilà donc avec une opération programmée. Pas d'effet de surprise, ni de contractions au milieu de la nuit...non ! Le rendez-vous est pris et j'accouche à la demi-heure près.

La précision d'un métronome... avec le charme associé : on m'ouvre et on me montre le bébé au-dessus du champ opératoire (drap vert). Le « peau contre peau », ça, on oublie ! Bébé est emmené dans une couveuse pour suivre un protocole de soins, même s'il a un poids et une taille normale mais puisqu'il lui manque avant tout la chaleur maternelle... De mon côté, je me retrouve toute "déboussolée" dans une salle de réveil à faire désespérément des mouvements des doigts pour prouver à la sage-femme que je suis en pleine forme pour pouvoir rejoindre au plus tôt mon bébé. Si l'anesthésie n'est plus « générale » (grand progrès en soi !), je ne suis cependant qu'une spectatrice de mon propre accouchement. Mais bon, au moins j’étais réveillée et je l’ai « vu sortir »!

Ma crainte pendant cette "éternité" sans mon enfant (2 heures environ), était qu'on lui donne un biberon et qu'il perde le réflexe de succion. J'avais peur également que mon corps n'ait pas de montée de lait comme rien ne s'était déclenché naturellement. Mais heureusement, de ce côté-là tout s'est bien passé ! Le personnel de la maternité ayant respecté mon choix et donné à mon fils à boire du lait à la seringue en attendant nos retrouvailles.

Je garde de cette naissance une "cicatrice souvenir" plus qu'un événement plein d'émotions. Heureusement que le bonheur se construit ensuite !" (M, maman de 2 enfants)

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Principales idées reçues :

Article paru dans Science et Avenir du 11/01/2017

"La pratique grandissante des césariennes contribuerait au rétrécissement des bassins d'après une étude publiée en décembre 2016. FAUX, rétorque l’anthropologue July Bouhallier pour qui le bassin est un véritable réceptacle d'idées reçues. L'occasion de remettre cet os à sa place."

https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/evolution/la-cesarienne-n-est-pas-un-facteur-d-evolution-de-notre-bassin-et-autres-verites-sur-le-bassin_108796

Évidemment que le bassin des femmes ne serai pas devenu brusquement plus étroit en quelques décennies alors que plusieurs siècles d'évolution !

Par contre, il est aussi tout à fait exact que depuis quelques années DANS les pays trop industrialisés (aussi autour de la naissance) on oblige exclusivement et plus rapidement les futurs mères à ac-coucher allongées sur le dos sans bouger, sous anesthésie locale avec coupure du sexe (épisiotomie) ou anesthésie générale avec coupure du ventre (césarienne plus ou moins urgente ou provoquée).

Cela sous couvert juste avant puis raisons médicales invoquées habituellement juste après de : "bébé trop gros" (Zut 3kg !), "bassin trop étroit" (Ah bon, nos os et muscles seraient fixes !!), "diabète gestationnelle" (souvent physiologique même si à surveiller sans paniqués), dépassement d'une date hypothétique du terme (tiens selon quels calculs mathématiques ?), "perte minime des eaux" (qui se renouvellent pourtant si pas trop abondant), "infections urinaires ou streptocoques ++" (après X touchers vaginaux par X personnes différentes), et le must du must : "souffrance fœtal ou maternelle" (sous monitoring anxiogène non stop aussi...) et à partir desquels on peut TOUT autoriser comme interventions médicales d'urgence (souvent sans consentement préalable) généralement à partir de perceptions personnelles donc subjectives et parfois même totalement arbitraires car bien trop précoces.... Car, qu'est au fond qu'une réelle "souffrance fœtal" par exemple, uniquement décider à partir de l'accélération ou de la décélération cardiaque calculer par des appareils modernes en pleins efforts de 2 partenaires sportifs ou sexuels ?!! Bref, en résumé entre les mains de personnes totalement étrangères ayant tout pouvoir alors sur le corps des femmes et des enfants à naître, il est tout à fait évidement qu'il peut arriver des paroles ou actes iatrogènes, des aprioris personnelles jusqu'à de graves mouvements de paniques, des bruits, questions, gestes, doutes, peurs, lumières, sons, odeurs stressantes bien avant, pendant ou après la naissance pouvant concourir en cascades à perturber grandement cette naissance... Alors, RELAX !

Et ensuite on dira que la "Nature", avec les seins et bassins des femmes, est bien mal faite !!!
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Autres sources d'information :

Les séquelles de la césarienne et de la grossesse :
en image :
 
www.24heures.ch/culture/sequelles-corporelles-grossesse-mises-nu/story/16828141

Le droit des mères : Droit ou caprices : l'autonomie des femmes lors de l'accouchement (sachant qu'avant de prendre toute décision un second avis médical est toujours possible et parfois même préférable...)


Pour plus d'info voir aussi avec l'association : www.cesarine.org ou encore pour un AVAC (Accouchement Vaginale Après Césarienne) lire : http://www.osfq.org/wp-content/uploads/2012/04/presse_AVAC.pdf

GROUPES FACEBOOK :
(pour échanger en privé autour de la césarienne avec l'association Césarinehttps://www.facebook.com/groups/56915673943/
(pour échanger en public autour de la césarienne avec d'autres mamans) : https://www.facebook.com/groups/92679401859/

Lire également : Césariennes : questions, effets, enjeux ; alerte face à la banalisation, de Michel ODENT, éditions Le Souffle d’Or, 2005.
Une autre césarienne ou un accouchement naturel ? de Hélène Vadeboncoeur, éditions Carte Blanche, 2008.


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4 mars 2010 à 12:47
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16 mars 2013 à 14:58
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