Dysplasie des hanches & emmaillotage

Dysplasie Développementale de la Hanche chez le nourrisson : 

dysplasie_hanche_nourrisson
Ce qu'on appelait auparavant
dysplasie ou "luxation congénitale de la hanche" est désormais appelé "Dysplasie Développementale de la Hanche" (DDH) (http://fr.wikipedia.org/wiki/Luxation_cong%C3%A9nitale_de_la_hanche) ; afin de mieux distinguer cette "malformation" dépister chez le nourrisson (mais aussi l'animal) des autres luxations pouvant intervenir plus tard. Littéralement du grec dys : "difficulté, mauvais état" et plassein : "modeler", il s'agit ici de définir un développement non optimal de l'articulation coxo-fémorale (hanche) qui permet normalement à la tête du fémur de bien s'emboîter dans le bassin au niveau de la cavité cotyloïde non encore totalement ossifié chez le nourrisson. 

En effet, sa couche profonde ne finira de s'ossifier et de fusionner en une seule pièce osseuse que vers l'âge avancé de 5-7 ans et sa couche superficielle débutera uniquement vers 10-12 ans pour ne s'achever que vers 15-16 ans, où l'os ainsi formé terminera la construction de la cavité cotyloïde. Mais c'est aussi la zone de contact entre l'os et la cavité recouverte d'un bourrelet fibreux et cartilagineux qui de par sa profondeur, sa structure et son positionnement peut les rendre particulièrement sensibles à la déformation et malposition. Car, lors du développement de la hanche, dès la naissance, les deux têtes de fémurs sont invisibles car cartilagineuses, ce n'est que vers 3 à 6 mois qu'apparaissent les premiers points d'ossification et vers l'âge adulte donc que tout le bassin est ossifié. 

Durant ces divers étapes, il est alors essentiel que les positions et mouvements de l'enfant permettent un développement harmonieux des têtes de fémurs dans la cavité cotyloïde, étant donné que les ligaments encore souples et donc fragiles, peuvent être facilement déformables. Certes l'apport de calcium et de vitamine D permettra la croissance et l'ossification du squelette, mais ce sont aussi les mouvements rotatoires, de tractions-compressions ou de flexions, notamment ce qu'on nomme communément 'l'ouverture des hanches" (cuisses plus écartées que la largeur du bassin), qui à la longue faciliteront l'emboîtement des os dans le bassin. 

Comme la position naturellement arrondie "en boule" du nouveau-né (pubis vers l'avant, jambes fléchies, genoux remontés plus haut que les fesses en position "grenouille"), puis la position d'agrippement sur la hanche tel des petits primates qui grimpent aux tronc des arbres et enfin la position accroupie au sol que les enfants affectionnent tant et qu'on utilise normalement lorsqu'on défèque. Cependant, en vieillissant, les adultes s'accroupissent malheureusement de moins en moins souvent, surtout dans les sociétés occidentales et notamment à cause des chaises, fauteuils et canapés, etc. De plus, nos articulations étant de plus en plus sollicitées, mais pas toujours dans des postures respectueuses de notre squelette, et notre alimentation actuelle n' étant pas non plus toujours suffisante ni en vitamines, ni en "bon" calcium (c'est à dire non forcément issue des produits laitiers mais plutôt des végétaux), nous rencontrons donc très souvent à l'âge adulte des problèmes de hanches, de dos, voir d'ostéoporose.

Souvent, on décèle également chez les nourrissons de 1-3 mois ayant été précocement dépisté pour une DDH (Dysplasie Développementale de la Hanche) des antécédents dans la famille du père ou de la mère de DDH ou encore d'anémie ou d'alcoolisme. Parfois, il s'agit, comme pour le syndrome de la "tête plate", de bébés ayant été souvent et longtemps placés dans la même position sur le dos et sur des surfaces dures et plates : cosy, nacelle, transat, berceau, poussette, siège-auto raide, etc. Alors que les porte-bébés réellement souples et physiologiques (type écharpe de portage, porte-bébé chinois mei taï, sling, bandeaux, etc.) ou les surfaces rondes et incurvées (type coussin d'allaitement, hamac, cocoon, couverture pour l'emmaillotement, etc.) garderont toujours l'enfant en position arrondie et accroupie debout ou allongée.     

Car, on constate que dans les régions du monde où les bébés sont portés fréquemment et longtemps dans des positions fléchies d’agrippement n'ont pas (ou peu) de DDH et leur musculature est renforcée (gymnastique quotidienne). De même que l'emmaillotement permet de contenir un nourrisson en position fléchie, tant que les membres se rassemblent et non s'allongent, et que cela contribue également à diminuer les réflexes de Morot (extensions brutales des bras ou jambes, brusques sursauts). 

En conclusion, lorsqu'il ne dure que quelques mois l'emmaillotement nocturne des nourrissons peut donc grandement faciliter leur digestion et leur sommeil. Alors que le portage diurne pourra, lui, se prolonger des années et contribuer à faciliter le développement optimal du squelette (hanche, tête, etc) comme des muscles.
____________________________

Rėfėrences :
Porter mon bébé, de Cėcile Cortė et Cėline Guerrand-Frenais, ėditions Minerva (Genève) 2009.
  
Ċ
Association DANS LES BRAS,
20 janv. 2014 à 05:37