Il était une fois...

·        Il était une fois… l’histoire du portage :

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Indiscutablement, nous ne sommes pas dans une culture du contact, du « maternage proximal » (proche du corps de nos parents), mais plutôt du « maternage distal » (éloigné du corps de nos parents). Indiscutablement encore, notre société toute entière nous éloigne du corps de nos enfants : congé maternité trop court, reprise du travail rapide et séparation nette avec le milieu professionnel, peu de choix de modes de garde adaptés, familles « décomposées » ou « recomposées » et surtout de plus en plus éloignées géographiquement, sans parler des espaces « réservés ou interdits » aux enfants voir déconseillés, comme certains lieux publics ou privés, avec par contre des lieux ou temps uniquement pour nos enfants : écoles, camps, clubs ou colonies de vacances, mobiliers, objets, jeux, livres réservés pour eux, etc. Bref, des univers très différents !

Mais surtout, force est de constater que l’histoire du portage en France est quasi nulle ! Si on remonte le cours des siècles, on n’aperçoit que quelques foulards ponctuels, quelques paniers en osier ou autres systèmes de poussettes plus ou moins sophistiqués… Les pays industrialisés, en général, ont peu voir pas du tout de techniques traditionnelles de portage à l’inverse de la plupart des pays traditionnels dits "en voie de développement" ou bientôt comme nous "en voie de sur-consommation". Comme si nos outils et notre technologie, nous éloignaient toujours un peu de plus de la Nature comme du corps humain en général et du corps de nos enfants en particulier.  

·        Il était ailleurs… à l’autre bout du monde :

mei_taïIl n’est pas vrai de dire que « c’est toujours mieux ailleurs ! », mais il est intéressant de constater que, dans les régions du monde où la nature est préservée, l’homme et la femme ont su préserver eux aussi un certain type de portage traditionnel. Certes, celui-ci est fort différent selon les climats et les régions du monde, différents en fonction de la culture ou de l’ethnie dominante du pays, du travail et du mode de vie de ses habitants et surtout issu et conçu par de nombreuses générations d’hommes et de femmes avant eux : tel le pagne africain, mais aussi le foulard magrébin, la liane amérindienne ou australienne, le hamac péruvien, le manteau-capuche Inuits, le système chinois ou laotien, etc.


Bref, beaucoup de variétés de porte-bébés traditionnels, souvent simple et souple comme un pagne parfois plus solide et fin comme une liane, mais qui déteignent fortement avec la complexité et la froideur de nos « sacs à dos à armatures" et autres porte-bébé à sangles et lanières inventés pour porter nos enfants qui ne savent plus s'agripper. En fait, plus le système est complexe et moins il est physiologique. Donc, même si aujourd’hui, dans la plupart des pays du monde, la poussette a sérieusement détrôné le porte-bébé comme le biberon a aussi détrôné l’allaitement maternel, il reste encore « d’incorruptibles » sociétés qui ont su préserver ce mode de déplacement fort pratique et cela souvent dans les campagnes, là où le béton n’a pas encore établi sa loi. Alors qu’en Occident, au contraire, l'art du portage en général tend actuellement à revenir « à la mode » et à se démocratiser un peu partout. En tout cas, chez une certaine catégorie de parents qui cherchent d’autres alternatives à la « sur-consommation » et à la croissance, afin de préserver d'abord notre environnement ou tout simplement pour favoriser un « maternage plus proximal » avec leur enfant.

A l'inverse, demandons-nous plutôt pourquoi choisir de porter nos enfants dans les bras à longueur de temps plutôt que dans un porte-bébé confortable et enveloppant ? 

http://naitreetgrandir.com/blogue/2015/07/23/pourquoi-bebes-aiment-portage/