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Quels porte-bébés ?

·        Quelques idées reçues :

    Au départ, porter devant s’impose comme une suite logique de la grossesse. Mais, c’est seulement vers 3 semaines environ après la naissance, que la jeune mère devrait commencer à porter son enfant dans un porte-bébé. Car, elle devrait normalement penser d’abord à se reposer lors de suites de couches pendant au moins 40 jours post-partum. Elle aura tout le temps ensuite de porter son enfant de longs moments contre elle, en marchant et en le berçant en même temps lors de ses activités quotidiennes. Cela afin de récupérer son énergie et sa santé en post-partum précoce, prévenir les descentes d’organe, faciliter l’allaitement maternel et l’hygiène naturelle infantile si besoin, ou simplement découvrir son petit et apprendre à reconnaître ses besoins physiologiques primaires.

 

 

  Donc, hormis lors de courtes puis longues séances de peau-à-peau après la naissance (qui peuvent aussi se faire en positions allongées), aucun porte-bébé ne devrait véritablement être nécessaire avant le premier mois de vie. Par contre, un enfant devrait être porté plus longtemps qu’au-delà de sa première année ; et malgré son poids. Car, il en a encore besoin : contacts, chaleur, protection, pause-fatigue ou endormissement ponctuel ou long, ballade et découverte du monde et de son environnement, etc. Malheureusement, ce sont souvent nos propres conditions physiques qui limitent rapidement le portage long – ou nos concepts d’éducation, voir nos peurs. 

 

 C’est pourquoi, il est important de savoir qu’un nourrisson ne risque pas de s’étouffer dans un porte-bébé. L’air circule autour de lui et tous les bébés du monde, même ceux des régions froides, très couverts, ont toujours survécus depuis la nuit des temps contre le corps de leurs parents. Au contraire, l’adulte porteur le sentira mieux respirer, bouger ou s’assoupir ; ce qui est beaucoup plus rassurant. Pas de risques de caprices non plus : « nos enfants ne s’habituent pas à être porter, ils sont fait pour être portés ». Vous répondez simplement à un besoin physiologique à la naissance et petit à petit vous verrez que de lui-même votre enfant s’éloignera naturellement de vous en grandissant. Il aura simplement acquis plus de confiance et de détermination, puisque c’est lui (et non vous) qui aura décidé quand et comment il prendra son « envol ».

 

 

 ·        Il était une fois… l’histoire du portage :

  Indiscutablement, nous ne sommes pas dans une culture du contact, du « maternage proximal » (proche du corps de nos parents), mais plutôt du « maternage distal » (éloigné du corps de nos parents). Indiscutablement encore, notre société toute entière nous éloigne du corps de nos enfants : congé maternité trop court, reprise du travail rapide et séparation nette avec le milieu professionnel, peu de choix de modes de garde adaptés, familles « décomposées » ou « recomposées » et surtout de plus en plus éloignée géographiquement, sans parler des espaces « réservés ou interdits » aux enfants voir déconseillés, comme certains lieux publics ou privés, avec par contre des lieux ou temps uniquement pour nos enfants : écoles, camps, clubs ou colonies de vacances, mobiliers, objets, jeux, livres réservés pour eux, etc. Bref, des univers très différents !

   Mais surtout, force est de constater que l’histoire du portage en France est quasi nulle ! Si on remonte le cours des siècles, on n’aperçoit que quelques foulards ponctuels, quelques paniers en osiers ou autres systèmes de poussettes plus ou moins sophistiques… Les pays industrialisés, en général, ont peu voir pas du tout de techniques traditionnelles de portage à l’inverse de la plupart des pays en voie de développement. Comme si nos outils et notre technologie à nous, nous éloignait toujours un peu de plus de Dame Nature comme du corps humain en général et du corps de nos enfants en particulier. 

 

·        Il était ailleurs… à l’autre bout du monde :

  Il n’est pas vrai de dire que « c’est toujours mieux ailleurs ! », mais il est intéressant de constater que, dans les régions du monde où la nature est préservée, l’homme et la femme ont su préserver, eux, un certain type de portage traditionnel. Certes, celui-ci est fort différent selon les climats et les régions du monde, différents en fonction de la culture ou de l’ethnie dominante du pays, du travail et du mode de vie de ces habitants et surtout issu et conçu par de nombreuses générations d’hommes et de femmes avant eux : tel le pagne africain, mais aussi le foulard magrébin, la liane amérindienne ou australienne, le hamac péruvien, le manteau-capuche Inuits, le système chinois ou laotien, etc.

   Bref, beaucoup de variétés de porte-bébés traditionnels, parfois simple et souple comme un pagne parfois rigide et solide comme une liane, mais qui déteignent fortement avec la complexité et la froideur de nos « sacs à dos pour bébé » à sangles et lanières inventées pour porter nos propres enfants. En fait, plus le système est complexe et moins il est physiologique, comme nous le verrons plus loin. Donc, même si aujourd’hui, dans la plupart des pays du monde, la poussette a sérieusement détrôné le porte-bébé comme le biberon a aussi détrôné l’allaitement maternel, il reste encore « d’incorruptibles » sociétés qui ont su préserver ce mode de déplacement fort pratique – et cela souvent dans les campagnes, là où le béton n’a pas encore établi sa loi. Alors qu’en Occident, au contraire, le portage, en général, tend actuellement à revenir « à la mode » et à se démocratiser un peu partout dans les pays industrialisés. En tout cas, chez une certaine catégorie de parents qui cherchent d’autres alternatives à la « sur consommation » et à la croissance afin de préserver leur environnement ou tout simplement qui souhaitent favoriser le retour à un « maternage plus proximal » avec leurs enfants.

   Mais, demandons-nous d’abord : pourquoi porter nos enfants dans un porte-bébé plutôt que dans les bras ? Et quels en sont les avantages pour nous comme pour eux ?

 Stéphanie KELLER